GOUACHE + EROS & THANATOS

#PAPER 57x77

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+ EROS & THANATOS  par Fabien Sturm

 

           

           « En regardant ce sexe masculin on ne peut évacuer la charge érotique de sa représentation. Elle est indéniable. Pourtant la bienveillance prime dans ce regard féminin sur l’objet de désir.  Seule la beauté du membre viril est transcrite en estompant naturellement toute aspérité, toute vulgarité pour ne retenir que sa suavité.

Dans la peinture de Carine Leroy-Braham, drappé de noir, le sexe accroît son pouvoir d’attraction. Lumineux, il aspire le regard qui s’attarde sur ses longues et douces courbes.
C’est un sujet mouvant et multiple, dont la forme évolue et régresse, n’en restant pas moins force primordiale quel que soit son état. Ce regard féminin lui accorde un galbe et un dessin, une symétrie qui tendent vers la figure exemplaire. Il est l’ellipse, le cercle parfait regardé en perspective. Observé différemment qu’il ne l’est d’habitude, mettant de coté ces caractères.

 

          Il est la base, le pilier, l’axe sur lequel s’appuie et tourne toute création, où s’équilibre la réalité et le Cosmos.

C’est un trait d’équilibre entre le Céleste et le Chtonien. Il est un rayon de lumière qui traverse l’obscurité et le ciel tout comme dans la peinture de Carine Leroy-Braham.

Forme divine, il est multiple. Il est le Lingam : Shiva, signe et phallus, force créatrice tout comme il est de l’autre côté du monde et du temps, dans la plupart des peuplades scandinaves, le dieu de l’amour et de la fécondité, Freyr. La force de vie, constante de sa perception. Il se manifeste, nous rappelant sans cesse qu’il est source vitale.

 

          Carine Leroy-Braham le fait apparaître comme sortant de la matrice originelle, et n’est pas dépeint dans son arrogante puissance mais dans son retour à l’humilité. Il est aperçu dans un moment fugace où il n’est plus question d’orgueilleuse démonstration. Caressé par la lumière surgit de l’ombre, il s’impose à nous. Ainsi émerge cette forme oblongue, ce sexe d’homme, symbole de la vie, exacerbée par l’obscurité environnante. Ce noir qui l’englobe, autant synonyme de deuil que de vie.

 

            Aussi dans l’œuvre peinte de Carine Leroy-Braham, le blanc joue un rôle prépondérant dans la force évocatrice du propos.

Le blanc comme une couronne mortuaire engouffre cette figure dans laquelle s’annonce les prémices de la vie, la beauté de l’homme dans sa nudité.

Quels que soient le courant de pensée et le symbolisme affilié, la vie est toujours précédée par la mort, une naissance n’est qu’une forme de renaissance, et par là, la couleur blanche est de manière initiale et dans l’ordre cosmique la couleur de la mort et du deuil. Une vacuité qui doit  et sera comblée, ici par la vie appuyée par ces deux symboles ; le blanc symbole de mort plus que de vie dont ici émerge la matrice originelle puis ce phallus, les deux venant de s’accoupler.

Un cercle hypnotique se met alors en place dans une danse éternelle, celle du cycle de vie. »

 

 

 

 

+ EROS & THANATOS  by Fabien Sturm, translated by Kate Sonsino 

 

 

            « On looking at this male organ we are jolted by the erotic shock its representation provokes.  This cannot be denied.  However the overriding feeling here is one of benevolence via a woman’s way of looking at this object of desire. The sheer beauty of male virility is portrayed here by softening away all rough and crude edges leaving only sweet smoothness.

 

            In the painting by Carine Leroy-Braham the penis is shrouded by blackness thus increasing its attractiveness. Its luminosity attracts the eye to its long and curvaceous shape.
It’s both a living and multiple piece of art whose form changes and regresses but nonetheless maintains its primordial force. This is regardless of the state in which it finds itself. This female take on it gives shapeliness and form, a certain symmetry which tend towards perfection.
Here it is the eclipse, the perfect circle seen in perspective. It is portrayed quite differently to that which we are used to.

 

            Here it is the base, the pillar, the axis upon which creation depends and revolves and where reality and Cosmos balance themselves out.

There is a fine balance between Heaven and Chthonic. As in Carine Leroy-Braham’s painting a ray of light crosses darkness and the heaven. This divine shape is also multifaceted.
It is the Shiva Lingam : the symbol and phallus, and on the other side of the world in a different timescale, it becomes Freyr, the God of love and fertility for the Scandinavians. However this life force remains constant. By showing itself in this way we are reminded that it has life giving properties.

 

            Carine Leroy-Braham conjures it up from its origins and so here it is not depicted in an all powerful show of arrogance but rather as if returning to its humble beginnings. Here we are witness to a fleeting moment and not some showy performance. The light caresses it as it makes its way towards us out of the shadows. This is how this oblong shape emerges from the picture, the male organ which symbolizes life itself and which is stirred up from the surrounding obscurity. The blackness which engulfs it equates to both mourning and life itself.

 

            White also plays a preponderant role in the evocative strength of Carine Leroy-Braham’s art work. The whiteness of a mortuary crown enshrouds this shape and evokes life’s beginnings and in doing so illustrates the beauty of maleness in its naked state.

All schools of thought regardless of their differing symbols agree that life always precedes death, birth is a mere form of rebirth and so consequently the colour white, in its purest form and in keeping with cosmic orders, represents both death and mourning. Life’s duty remains to fill the void and both symbols illustrate this ; here white symbolises death more than life emerging from its origins and the phallus itself. Both symbols having joined to form one. Thus a hypnotic circle comes into being and sets in motion the perpetual dance which is life itself. »

© clb 

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